Michel Etcheverry 01/07/2015

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5 questions à Michel Etcheverry, maniste et buteur de la formidable équipe de rebot des années 80.

1/ Comment avez-vous commencé à jouer à la pelote ?
Je suis issu du Petit-Bayonne, mes parents tenaient une boulangerie à la rue Pannecau. Avec les copains, on avait l’habitude d’aller jouer dans le trinquet Saint André. Louis Etcheto qui avait son bar à côté du commerce de mes parents, m’a proposé d’intégrer l’Aviron Bayonnais dont il était dirigeant-entraîneur. A 11 ans, je disputais ma première finale main nue trinquet , catégorie benjamins, avec Robert Martiarena d’Arbonne, contre Pampi Laduche, un joueur que je rencontrerai régulièrement dans les finales des différentes catégories de jeunes dans les années qui suivront.

 

2/ Des moments qui ont marqué votre vie de pelotari ?
Je ne retiens que de bons souvenirs tant au niveau sportif qu’humain, avec toutes les personnes que j’ai rencontrées et les amitiés fortes qui se sont créées.
Mon année cadet m’a particulièrement marqué avec 3 titres de Champion de France remportés à main nue cadet (trinquet, mur à gauche, place libre) avec à chaque fois des parties intenses contre Pampi Laduche. La même année, alors que nous n’étions que cadets, Pampi et moi disputions la partie des Fêtes d’Hasparren en compagnie des champions de France indépendants de l’époque, Arbillaga et Behengaray. Un grand souvenir !
J’ai aussi le souvenir d’avoir fait partie de la première équipe rebot de l’Aviron championne de France juniors au début des années 70 avec mes coéquipiers Henri Daguerre (qui nous apprenait les règles au fur et à mesure que la compétition se déroulait !) d’Aïnhoa, Michel Diarte et les frères Saint-Jean.
Enfin, comment ne pas parler des 6 titres consécutifs de Champion de France à rebot entre 1983 et 1989. J’ai vécu de très grands moments de sport, avec des partenaires exceptionnels (Antoine Mautalen, François Prat, Michel Sedes et André Paluat) et une très belle histoire d’amitiés avec de grands dirigeants qu’étaient Max Duguet, Raymond Gavel, Louis Escapil-Inchauspé, Jean-Pierre Paulorena. C’était une domination sans partage; une année, pour la première fois dans l’histoire des finales, la partie s’est terminée avant l’Angélus !

 

3/ Des dirigeants qui vous ont marqué ?
Au sein du Club, je parlerais d’abord de Pascal Etchepare et de Louis Etcheto, grands entraîneurs – dirigeants, passionnés de pelote, qui nous amenaient à bord de leur véhicule à travers le Pays Basque pour disputer les parties. Max Duguet était mon entraîneur en cadet : grand dirigeant, formidable pédagogue, il était animé par la volonté d’apprendre et de faire partager à tous son amour de la pelote. Il était très proche des joueurs et de leur famille, il est devenu un ami précieux.
Tous ces dirigeants étaient de formidables bénévoles, ne ménageant pas leur temps au service du club. Entre 18 et 30 ans, j’encadrais l’école de pelote avec Louis Etcheto les mercredis mais mon activité professionnelle ne me permit pas de poursuivre.
J’ai aussi une pensée pour mon grand-père, Adrien Hirriberry dit “Adrien d’Halsou”, qui avait été un grand joueur et qui me dispensait de précieux conseils.

 

4/ Pouvez-vous nous parler de la condition de buteur au rebot ?
Il y a de nombreuses composantes à prendre en compte. Les butoirs sont différents d’un fronton à l’autre, certains sont coulissants et permettent d’en régler la hauteur (comme celui de Saint-Palais), d’autres non. Or, contrairement à beaucoup de buteurs qui ont une technique de frappe latérale, je butais plus par en bas (“azpetik”), plus en puissance, et j’avais besoin d’un butoir plus haut que la moyenne. Alors, Monsieur Sedes m’avait fabriqué des cales qui ne quittaient pas mon sac de sport, et qui permettaient d’adapter mon style au butoir quand cela était nécessaire.
J’affectionnais les pelotes vives (“bizia”), ce qui permettait d’accélérer le jeu; cela convenait parfaitement à mes partenaires, Antoine et Fanfan, qui pouvaient ainsi affirmer leur maîtrise du jeu, alliant une très bonne technique à une condition physique sans faille. Cela déstabilisait des adversaires plus habitués à jouer avec des pelotes “torta” (molles). A l’exception de l’autre équipe de l’Aviron (Beñat Sedes, Jean-François Duprat, Kiki Guillemin, Frantxoa Haramboure et le buteur Pierre Duhau) !
Il arrivait qu’il y ait des tensions autour du choix des pelotes. Lors d’une finale, j’avais gardé deux pelotes vives dans ma poche pour éviter qu’à l’échauffement l’équipe adverse ne les “casse”, ne les maltraite en atténuant leur vivacité. Elles avaient bien servi ensuite lors de la partie.

 

5/ Quel est votre rapport à la pelote aujourd’hui ?
Je continue à aller voir les finales; au-delà de l’intérêt sportif, c’est aussi pour moi l’occasion de rencontrer les différentes connaissances du milieu de la pelote. Je suis régulièrement les résultats des équipes de l’Aviron, car je reste viscéralement attaché à mon club.
Je regrette qu’il y ait moins d’engouement autour de la pelote aujourd’hui, l’offre de loisirs est plus importante qu’autrefois, la société évolue, c’est ainsi.